Voici quelques extraits de notre carnet à projets.
Ce sont des idées en vrac destinées à devenir (ou pas…) des spectacles.
Certaines hantent nos nuits depuis des années, d’autres sont nées autour d’un verre à l’apéro.
Nous les présentons ici afin de les partager avec nos visiteurs : Amis, public, programmateurs, journalistes à Télérama…Qui que vous soyez n’hésitez pas à nous donner votre avis.

 

D'après la trilogie d'Italo Calvino : Le vicomte pourfendu - Le baron perché - Le chavalier inexistant
Projet de spectacle de rue et marionnette - Vanessa Clément
 
"Au lieu de m'efforcer de construire le roman que je devais écrire, le roman qu'on attendait de moi, j'ai préféré imaginer le livre que j'aurais aimé lire, un livre trouvé dans un grenier, d'un auteur inconnu, d'une autre époque et d'un autre pays."
Italo Calvino, Nos Ancêtres

 

Italo Calvino met en scène ses mots sur le papier pour mieux embarquer le lecteur à travers les pages du récit. Chaque mot, chaque ligne, chaque organisation de paragraphe semblent méticuleusement choisis afin de faire émerger au détour d’une idée, une image, afin que le corps d’un personnage, décrit de mots, se transforme tout à coup en mouvement.
Les paysages, les personnes, les émotions deviennent vraies et pourtant l’histoire est tellement invraisemblable. Calvino nous raconte la fantaisie, le fantastique en prétendant raconter une histoire vraie. Il veut nous convaincre que l’on peut réellement vivre dans les arbres, qu’une armure peut avoir des problèmes existentiels parce que personne ne l’habite et qu’un combattant, après avoir été fendu en deux, se retrouve, aussi simplement que ça, avec un bon lui-même et un mauvais lui-même.

C’est pour moi, ce qui en fait un acte théâtral.
En matière de spectacle, quel que soit ce que l’on raconte et la façon de le faire, il y a toujours du fantastique, car les contraintes de la représentation nous imposent la production d’illusion.
Calvino nous autorise toutes les illusions.
Alors, imaginons que ses histoires soient présentées dans l’espace public, histoires irréelles dans un décor réel…
Imaginons que plasticiens et marionnettistes tombent amoureux de l’univers visuel de Calvino. Et voilà : une armure vide s’anime sous nos yeux, des mains coupées indiquent le chemin, un enfant vit librement dans les arbres, juste au dessus de nos têtes…
Imaginons qu’un metteur en scène s’atèle à recomposer en trois dimensions, avec la même minutie mécanique que Calvino, toutes ses invraisemblances.
Imaginons qu’un auteur ait envie de parler naïvement des questions troublantes que nous nous posons tous.
Imaginons que le spectateur accepte cette illusion, ce mirage.

Nous voilà embarqués dans un spectacle visuel, narratif, fantastique et grave, drôle parfois et qui parle de notre humanité.

 

 

 

Projet de recherche et d'écriture proposé par Vanessa Clément
« La période de gestation la plus longue de tous les mammifères terrestres est celle de l’éléphant : 22 mois environs. Les zoologues se trompent. Dans mon monde, qui se situe également sur cette planète, je fais partie d’une espèce de mammifère oublié, dont la gestation dure des années, voir toute la vie. Je fais partie de ces femmes qui entrent en processus de gestation avant même que leur ventre ne soit plein. Le ventre vide mais la tête pleine d’émotions contradictoires, il nous faut parfois plus de 22 mois pour commencer une gestation physique. Les zoologues ne parlent pas de nous parce que notre gestation est abstraite, désespérée, morbide parfois, c’est une terrible guerre silencieuse, solitaire et invisible. L’invisible fait rarement parler de lui… »

Infertilité :
• Qui n’est pas fertile – voir stérile
Stérile :
• Qui ne porte pas de fruit, qui ne produit pas,
• Qui est inapte à la génération,
• Qui ne produit rien, sans imagination,
• Minéral - roche ou fraction de minerai ne comportant pas de minéraux exploitable,
• Sans résultat, vain, inutile,
Le vide…

A l’origine, Maman Eléphant est un journal intime traitant de l’infertilité, du conflit avec son corps, de la peur de la mort, du besoin des autres, de la quête de l’enfance à travers le besoin d’enfant.
J’ai eu envie de l’adapter pour la scène et de développer une écriture dont les matériaux ne se limiteront pas à un texte dialogué. Pour m’accompagner, j’ai fait appel à trois autres artistes issus de formation différentes et ayant chacun des outils d’interprétation spécifiques (texte, corps, musique…)
Le projet démarre à peine.

 

 

 

Parade spectacle - Idée née le 4 juin 2005 pendant l'apéro (juste avant la dernière de Pyrame & Thibé à St Laurent d'Aigouze...)
 

« Il se peut que nous soyons tous des idiots et que ça n’ait aucune importance » - Little Big Man

Gallus Populi est une parade-spectacle inspirée des pires défilés militaires : Une revue en grandes pompes, digne des plus glorieuses périodes de l’histoire, et destinée à présenter au public (le peuple impressionné et docile) un animal sanguinaire, une arme de guerre redoutable :
Une poule géante, mécanique et marionnettique, une poule méchante, une poule avec des dents !

 

L'élément principal de la parade est une machine de spectacle capable de déambuler et de battre des ailes. Elle devra pousser des cris assourdissants et pourra dévorer les spectateurs imprudents.
NB : Prévoir aussi un système pour larguer des fientes (yaourts ?...)
Le terrible animal est exhibé par un bataillon de fiers «Noizillons» en uniforme : Bottes (en caoutchouc) avec ergots acérés, culotte bouffante (type croupionne ou «cul de poule»), veste kaki à col d’officier (avec motifs «pied de poule»), casque à crête et barbillons, et bien sur, l’incontournable brassard rouge…
Gallus Populi doit signer le retour de l’ordre et de la discipline dans les manifestations populaires et autres carnavals trop souvent gangrenés par les valeurs abjectes et turpides de l’oisiveté et du divertissement.
Le peuple-public en sera médusé et ébaubi.
Gallus Populi peut-être décliné en interventions, flash mob et autres manifestations agit-prop…

 

 

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