Maman Eléphant est un diptyque : deux volets (rue / salle), deux écritures distinctes élaborées à partir d’un même texte de base.

 

Le texte de base est un journal, une autofiction rédigée sous le coup d’une impérieuse impulsion et qui relate de manière fantasque et surréaliste le parcours d’une femme confrontée au désir d’enfant et à l’infertilité. Son parcours intime, social et médical la renvoie tour à tour à sa propre enfance, à sa famille, à ses amis et à son propre corps, dans un monde de surproduction, de consommation effrénée et d’hygiénisme, un monde qui se distord au gré de son imaginaire, peuplé de personnages zoomorphes, de jouets mécaniques et de comptines grinçantes.

 

Dans la salle, l’infertilité est abordée sous l’angle privé et intime du personnage principal. Il est alors question de perte de soi et du chemin à parcourir pour retrouver son humanité.

L'écriture fait appel au corps et à l’objet et pose la question de l’intégrité du corps et de la pudeur dans une société où le corps est devenu un produit comme les autres. La forme de la représentation prend en compte l’espace salle dans son ensemble (scène + espace du public) : L’action déborde, transpire de son espace dédié et le spectateur devra y (re)trouver sa place.

Dans la rue, l’infertilité est traitée sous l’angle "public" ou "social" : Elle devient " improductivité ". Les problématiques résonnent dans une société de consommation et de surproduction.

L’écriture fait appel à la voix (texte scandé au micro, appuyé par un accompagnement musical électro-acoustique) et à la marionnette. Le récit devient une farce cruelle et acide où l’humain est manipulé, noyé dans une société de production et de profit. Le public est convié autour d’une table qui sera tour à tour table de jeu, de manipulation, d’opération ou chaîne de production…

Au-delà de la démarche d’écriture, il nous importe de faire partager au public ce double regard, ce passage d’une forme à l’autre, avec ses glissements de thèmes. Maman Eléphant est une réflexion active et vivante sur le récit, la représentation et les publics.

Les conditions de représentation du projet global sont à inventer : On peut par exemple imaginer de jouer les deux volets en simultané, de diviser le public, de faire passer les spectateurs de la rue à la salle, de la salle à la rue, dans la même soirée, la même saison, etc.
D’autres articulations peuvent être imaginées avec les partenaires en fonction de leurs publics et de leurs attentes.

Une écriture destiné à tout espace intérieur, permettant une certaine proximité avec le public.
Nous ne travaillons pas sur les mots du texte de base mais sur les thèmes, sur ce qu’évoquent les situations, pour déterminer ce qui sera représenté sur scène. Cependant, la parole reste au centre de la représentation. Nous avons choisi l’adresse directe au public sur le ton de la confidence avec un recourt systématique à la deuxième personne du singulier. Fleur d'Epine interroge ton destin, ton schéma familial, ta mort ou ton immortalité…

Le texte pour la rue se révèle très éloigné du journal d’origine : Il est plus mécanique, adapté à la marionnette et à la narration au micro, scandée et soutenue par la musique. 2 comédiens se passent le relais pour être tour à tour narrateurs et manipulateurs.
1 musicien est chargé d’appuyer la narration. Il est une sorte d’hyper-narrateur.
La narration verbale prend alors des allures de concert.
Il n’y a pas de rencontre physique entre le corps et la voix.

L’univers dans lequel le public est convié est propre, froid, stérile.
Mais Fleur d’épine dispose dans ses bagages d’objets usés, poussiéreux, aux couleurs chaudes et délavées, des objets qui ont une histoire, un passé.
Dans cet espace immaculé, ils sont son univers intime.
Tous ces objets l’aident à raconter son histoire.

 

Fleur d’épine est représentée par une marionnette anthropomorphe.

L’Eléphant vert à bascule : il est une projection matérielle de Fleur d’Epine. C’est lui qui subit l’acharnement des protocoles de production C’est un jouet articulé et sonore qui permet un traitement drôle et pudique du corps.

Dans sa vision personnelle et déformée du monde, Fleur d’épine s’identifie à un éléphant ou à une poule. Par le mouvement et l’objet, elle va se transformer et révéler cette animalité.
Son discours reflète un déni de féminité mais ses mouvements montrent l’inverse. Progressivement, le discours se réaccorde avec son corps de femme.

Les autres personnages : La meilleure amie, le médecin, l’infirmière… sont des personnages zoomorphe.
Autruche, manchot, dinde, poule… Autant d’oiseaux qui ne savent pas voler.
Toutes ces figures sont des marionnettes-sacs, différenciées par leurs têtes et quelques attributs particuliers.

 

Création 2010
Coproduction :
Résidences :
Avec le soutien de :

 

Principales représentations :

L'Entre-Pont - Nice (06)
La Gare à Coulisses - Eurre (26)
Ouverture de saison - Made in Cannes (06)
Festival Petit Art Petit - Marseille (13)
Le Citron Jaune - Port St Louis du Rhône (13)
Festival Rue(z) vous - Valbonne Sophia Antipolis (06)
Festival Eclat - Aurillac (15)
TNN - CDN Nice Côte d'Azur (06)
Forum J. Prévert - Carros (06)