Le Bonnet

Festival Off Avignon 2022
Du 7 au 26 juillet – 20h40
Théâtre Transversal, 10 rue d’Amphoux – Avignon

Création 2022 – Solo théâtre / objets / musique

Adaptation, mise en scène, interprétation : Vanessa Clément
Régie, production : Thierry Hett

Aide à la création : Conseil Départemental de Vaucluse
Résidence : Quai de Scène – Bourg les Valence
Partenaire de diffusion : Les Agités du Local – Foyer rural de Séguret
Aide au fonctionnement : Commune de Caderousse

« Est-ce que la vie est bien réelle ?
Tu prononces un mot, n’importe lequel, en boucle des dizaines et des dizaines de fois. Ton cerveau ne sait plus ce que ce mot veut dire.
Pareil pour les images, les paysages… Tu es sur une place, dans une ville, en campagne, peu importe où d’ailleurs. Tu te postes là, au milieu. Tu arrêtes de bouger et tu regardes. Tu regardes les immeubles, les voitures, les enseignes, les gens, les champs… Et d’un coup, tout ça n’a plus de sens. Tu es là, mais tu te sens ailleurs et tu ne sais plus ce que tu vois.
Qu’est-ce que tu fais là ?
Tu penses. Tu penses au tricot.
Tu penses à la condition de l’être piqué et crocheté avec amour.
Tu te demandes si c’est vraiment une chance d’être réversible. »

Le Bonnet est un projet initié par Vanessa Clément. A l’origine, il s’agit d’un court roman dont les personnages et les situations s’inscrivent dans une réalité concrète, racontant des tranches de vie parallèles. Un instantané de quelques heures. Écrit il y a quelques années, lorsque j’ai décidé de m’installer à la campagne après 35 ans de vie urbaine, ce texte n’était destiné à rien de particulier. Une façon de se mettre au vert, de s’éloigner de la création théâtrale. Puis, débarrassée d’injonctions, le désir naturel de créer à nouveau pour la scène a re-pointé le bout de son nez : Le Bonnet est sorti de son placard comme une évidence. Il n’attendait que ça.


Propos

3 tranches de vie de quelques heures.
3 foyers embarrassés par les gestes de leurs quotidiens. Ils se laissent bercer sans plus s’en rendre compte.
3 histoires à priori insignifiantes. Celles d’habitants d’une zone rurale, pas paysans, pas riches, pas indigents, pas militants, ni politiques ni rien… ils sont moi, ils sont toi, nous.
Sans importance ?
3 parcours qui se percutent. Un accident.
Un instant où tout s’arrête.
Un instant qui brise la routine.
A quoi pense-t-on quand la routine se brise ?
La réponse à cette question est débarrassée de noirceur, de révélation mystique ou politique.
Car non, quand l’épreuve nous traverse, nous ne sommes pas systématiquement changés en héros.
Un destin, c’est souvent plus simple.
Se révèlent alors le bonheur et la beauté cachés dans les petites choses de leurs vies.
Un bonheur simple et une beauté ordinaire qu’ils oubliaient de défendre.
Tout simplement parce qu’ils oubliaient d’en prendre le temps.
Le Bonnet raconte l’autopsie des quelques heures qui précèdent l’événement qui changera leur vie.
Est-ce la faute du bonnet d’Arthur ? D’un chat ? Ou simplement d’un quotidien qui les aveugle ?

Intention d’auteur et démarche de mise en scène

J’avais envie de renouer avec l’acte simple de raconter une histoire, un conte d’aujourd’hui, une histoire ancrée dans le présent.
Les personnages du Bonnet ne traversent pas la forêt au risque de rencontrer le Loup. Ils prennent des raccourcis en voiture et fréquentent les supermarchés.
Le Bonnet parle de gens ordinaires, trop ordinaires pour être remarqués. Mais dans l’apparente banalité de leurs vies, il existe un monde complexe et unique pour chacun d’eux.
Ce sont ces mondes que j’explore.
Chaque vie est singulière et précieuse.
Les objets et les gestes du quotidien sont mes partenaires sur scène (autant que les éléments techniques nécessaires à la représentation).
Ils sont peu à peu détournés de leur fonction afin de créer une poétique du quotidien.
Rien n’est caché aux spectateurs, je ne détourne pas leur attention, et je leur montre tous les chemins que j’emprunte.
L’émotion doit naître à partir de ce qui se construit réellement sous leurs yeux.
Chaque geste est mesuré. A tout montrer, il faut veiller à ne polluer ni le regard ni l’écoute.
Un mille-feuille se met en place et révèle la complexité cachée derrières ces histoires à priori fort simples.

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